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Peuples

Peuples

La répartition spatiale de la population, étroitement liée à celle des zones agricoles et des pôles urbains, est particulièrement déséquilibrée : 75% de la population réside dans le Sud agricole (1/4 du territoire national).

La structure est très jeune : en 1994, 50% de la population avaient moins de 15 ans.

Parmi les grandes communautés du Niger, les Haoussa sont les plus nombreux ; ils vivent dans le Sud et à l'Est. Ils pratiquent l'agriculture vivrière et commerciale (coton et arachide), et le commerce à longue distance. Les Djerma et les Songhaï représentent le quart de la population, et vivent de plusieurs cultures (mil, sorgho, arachide et coton.) autour de la vallée du Niger. La population se répartit ensuite entre Peul, Touareg, Kanouri et Toubou.

Les Haoussa
Les Haoussas sont un peuple du Sahel établi au nord du Nigéria et dans l'est du Niger. D'importantes communautés se trouvent aussi au nord du Bénin, du Ghana et du Cameroun. La plupart des Haoussas vivent toujours dans des petits villages où ils pratiquent la culture vivrière et élèvent du bétail. Les fermiers haoussas règlent leur agriculture en fonction des changements saisonniers de pluie et de température. Ils parlent la langue haoussa qui appartient au groupe des langues tchadiques, un sous-groupe de la famille des langues afro-asiatiques.
Les Zarma (Djerma)-Shongai

Ces deux peuples sont généralement considérés comme un seul et même peuple. Mais leur histoire n'a pas toujours suivi le même cheminement. Ils occupent la partie ouest du pays.

Les Zarma seraient venus du Macina et de l'Egypte. Leur terre d'accueil est le Zarmanganda. Ils adoptèrent la langue des Shongaï, puis redescendir plus au sud à la recherche de terres fertiles. C'est ainsi qu'ils constituent aujourd'hui la forte majorité des arrondissements de Niamey. Ils constituent de même des groupements importants dans les arrondissements de Filingué de Tillabéry et de Gaya, d'où ils débordent même sur le nord du bénin.

Les Zarma (ou Djerma) regroupent une série de sociétés. Le vocable Zarma, utilisé par les gens de l'extérieur, est repris par ces sociétés qui se définissent en priorité par leur appartenance à une communauté locale (Kalle, Sabiri, Golle, Waazi, Gube, Mawri, etc.), leur identité Zarma se fondant sur l'usage d'une langue commune. Dans la classification des langues africaines, la langue Zarma, du groupe Songhaï, est classée dans la famille de langues Nilo-Saharienne.

Le pays Zarma, situé sur la rive gauche du fleuve Niger, dans les vallées de ses affluents fossiles du Dallol Bosso et du Dallol Maouri, s'inscrit entièrement dans un climat de type sahélien. Entourés d'éleveurs, les Zarma sont en majorité agriculteurs et consomment la plus grande partie de leurs productions de mil et de sorgho. Les grandes différenciations sociales sont traversées par une dichotomie radicale entre nobles et captifs, guerriers et paysans, chefs et sujets. Ces catégories s'opposent et se complètent dans tous les secteurs de l'existence (comportements, valeurs et attitudes, structures sociales).

Essentiellement pêcheur et piroguiers, les Shongaï vivent le long du fleuve Niger. Ils ont un passé prestigieux avec de nombreux empereurs qui ont contribués à écrire les plus belles pages de l'histoire africaine.

L'origine des Songhaï, comme le nom lui-même, suscite de nombreuses interrogations. Vivant au bord du fleuve, ils pratiquent la culture du riz d'origine locale par irrigation, en association avec l'élevage et la pêche. Islamisés de longue date, ils restent très imprégnés des croyances traditionnelles comme la divination et les cultes de possession. La filiation est patrilinéaire et le village est l'unité sociale et politique, sous le direction du patriarche (bankoïni). Les Songhaï parlent une langue Nilo-Saharienne, le Songhaï, appartenant à la même famille que le Kanouri.

Si le nom des Songhaï apparaît pour la première fois à la fin du XVème siècle dans un texte d'Al-Magili, l'existence de proto-Songhaï, évoquée dans les traditions orales, remonterait au VIIème siècle avec la première dynastie des Dia. Les Songhaï se seraient constitués dans le Dendi (région de Niamey) en amalgamant des éléments Mandé, voltaïques (Kurumba et Gourmantché), des pêcheurs Do puis Sorko, des chasseurs Gaw, et, plus tard, des éléments sahariens (Touareg et Maures).


Grand guériers à l'époque précoloniale, les Shongaï et les Zarma sont aujourd'hui essentiellement agriculteurs. Ils s'adaptent facilement aux nouvelles techniques agricoles et pratiquent un petit élevage, comme l'élevage de chevaux. . Leur civilisation est marquée par un islamisme tolérant qui a su respecter certaines pratiques animistes rattachées à un fond très ancien de spiritualité inspirée des cultes de la terre et des ancêtres.

Les Touaregs
L’origine de ce nom est inconnue. Certains pensent qu’il provient d’un mot arabe qui signifie « abandonnés », d’autres qu’il dérive du nom d’une région libyenne appelée encore à ce jour Targa (« rigole » ou « vallée »). C’est la région de Oubari, dans le Fezzan. La dénomination d’origine Aw-Targa (fils de Targa) en berbère atargi, à l’origine du nom pour certains, tandis que d’autres retiennent que depuis le milieu du XIXe siècle, les chroniqueurs médiévaux arabes les appelaient tawwareq. À l’époque coloniale, les Français ont utilisé et popularisé le mot Touareg comme le pluriel de Targui en français.

Les Touareg préfèrent d’ailleurs se désigner eux-mêmes par Imajaghan ou Imuhagh (noble et libre) ou par Kel Tamajaq (les gens de Tamajaq). Tamahaq, Tamajaq et Tamachaq sont toutes les trois des déformations de Tamazight dues à une altération par les accents du sud.

L’origine exacte des Touareg reste inconnue ; ils sont vraisemblablement descendants des tribus zénète et Lemta de la confédération berbère sanhadja. Il est certain qu’ils sont de culture berbère, l’usage du même alphabet, le tifinagh, et de la même base linguistique le tamasheq sont là pour l’attester.

La société touareg était très hiérarchisée, on peut rapidement classer les individus dans les catégories suivantes :

  • Imajaghan : tribus nobles, essentiellement guerriers ;
  • Ineslemen : tribus maraboutiques (au singulier ineslem signifie « musulman »), nobles aussi;
  • Imrad : tribus vassales ;
  • Inaden : forgerons (en fait les artisans) noirs, nobles ;
  • Irawellan : anciens captifs touareg ;
  • Iklan : esclaves noirs (au singulier akli signifie « noir ») ;
  • Bellas : esclaves libérés de langue Songhaï ;
  • Bouzou : esclaves libérés de langue haoussa.

Les Touareg sont monogames, même si sous l’influence de l’Islam quelques individus prennent plusieurs femmes.

Les Touareg portent traditionnellement une sorte de long vêtement souvent nommé boubou (en étoffe de coton nommé « bazin ») et un chèche, appelé aussi taguelmoust (tagelmust en berbère) ou encore « turban ». Le chèche est une sorte de turban d’environ quatre-cinq mètres de long qui s’enroule sur la tête pour se protéger du soleil, du vent, de la pluie, du sable, du froid.

Traditionnellement, l’homme ne quitte jamais son turban. Il peut être de différentes couleurs, telles que rouge, jaune, vert, mais deux couleurs ont une signification spéciale. Le blanc est porté pour montrer un signe de respect, un jour particulier. Le chèche indigo est fait à partir de lin, souvent avec un tissage complexe. Il est porté les jours de fête (et les jours de froid car il est plus chaud que le chèche en coton). Sa teinture tend à déteindre sur la peau, donnant au targui le surnom d’« homme bleu ».

Les Peuls

Le peuple Peul (ou Foulbé, Foula, Fulani), population Africaine disséminée sur une aire immense, en groupements plus ou moins importants, de l'océan Atlantique au Tchad, du Cameroun à la République centrafricaine.

Les Peul sont soit des éleveurs nomades qui se livrent exclusivement à l'élevage, soit des semi-nomades et des sédentaires, le plus souvent agropasteurs.

Les groupes sont toujours dispersés et vivent au contact de populations qui leur sont étrangères par la langue, par les traditions, par l'histoire et par l'économie. Ils occupent un immense espace est-ouest, au sud du Sahara, s'aventurant depuis quelques années en zone tropicale humide (Côte d'Ivoire, République centrafricaine). Cette dispersion a favorisé l'éclosion de sous-cultures, dépendantes des histoires locales et souvent isolées les unes des autres.


La langue (Fulfulde), la religion (l'islam), l'élevage du zébu, font partie de l'héritage des Peul, mais chacun de ces critères — ou même les trois réunis — ne permet pas de définir leur identité. Par contre, les Peul se reconnaissent par un code accepté par tous et qui constitue le lien qui les unit lorsqu'ils sont dispersés et qu'ils se trouvent aux côtés de sociétés différentes, paysans Bambara ou Haoussa, éleveurs Maures, Touareg ou Toubou.

Ce code, le Pulaaku, décrit le comportement attendu du Peul, et il lui est enseigné par sa famille dès son enfance. C'est une coutume qui exige, avant tout, la réserve, la retenue et la maîtrise de soi. Ce comportement codifié permet aux Peul de se distinguer de leurs voisins non Peul. Cette réserve s'accompagne de qualités de sobriété, de courage et d'intelligence. C'est tout à la fois un ensemble de qualités héritées et un rôle que le Peul joue devant les autres.

L'image attachée au Peul est celui d'un pasteur, incapable de s'adonner aux travaux des champs. On distingue souvent les WoDaaBe (Niger) et les Mbororo (Cameroun), pasteurs nomades dont l'élevage constitue l'activité essentielle, des Foulbé, également éleveurs, mais surtout agropasteurs, dont l'économie plus souple évolue au gré de phases sèches ou humides : ces Foulbé ont la capacité de s'investir dans l'élevage, dans l'agriculture ou dans le commerce et de favoriser l'une ou l'autre de ces activités en fonction des circonstances (crises climatiques, politiques ou économiques).

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