Atelier de lancement du Projet Filets Sociaux de la Banque mondiale : 70 millions de dollars aux populations vulnérables de notre pays ()
Le Directeur de cabinet du Premier ministre, M. Saidou Sidibé, a présidé, hier matin dans la salle des banquets de la Primature, la cérémonie de lancement officiel du projet Filets Sociaux de la Banque mondiale. C'est un crédit de l'Association Internationale de Développement de 70 millions de dollars à l'Etat Nigérien. A travers ce projet, le système de Filets Sociaux mis en place ciblera les cinq régions les plus vulnérables et où la pauvreté est plus concentrée.
Il s'agit notamment de Dosso, Maradi, Tahoua, Tillabéri et Zinder. Le projet Filets Sociaux permettra à environ un (1) million de personnes pauvres, d'avoir accès à des transferts réguliers d'argent et à des programmes de travaux publics temporaires à haute intensité de main d'œuvre sur une période de cinq ans.
En procédant au lancement officiel des activités de ce projet, le Directeur de cabinet du Premier ministre a rappelé les ambitions du gouvernement nigérien, qui consistent à œuvrer pour mettre fin à l'insécurité alimentaire dans le pays, et permettre ainsi sa relance économique. M. Saidou Sidibé a indiqué que le gouvernement a un vaste programme, « l'initiative 3N », pour mener le combat contre l'insécurité alimentaire.
C'est un programme qui s'inscrit dans le long terme. Evoquant le projet Filets Sociaux, il a souhaité que des échanges de cet atelier sortiront des solutions qui pourront aider le gouvernement dans la riposte aux urgences. Auparavant, le Représentant résident de la Banque mondiale, M. Nestor Coffi, a souligné que cet atelier vise à mettre en relief les objectifs et rouages du projet Filets Sociaux qui répondent à une priorité importante du Niger. Il a rappelé que l'insécurité alimentaire est un problème chronique et récurrent. « Plus de 50 % de la population est estimée en situation d'insécurité alimentaire, avec 22 % en insécurité chronique. Cet état des choses est la résultante de l'interaction entre une faible disponibilité des denrées alimentaires due à la faible productivité agricole, un environnement climatique hostile, la forte vulnérabilité du pays aux chocs et une très forte croissance démographique ; un accès économique limité aux denrées alimentaires en raison du faible revenu par rapport aux prix du marché ; et un mauvais état sanitaire et nutritionnel de la population », a dit M. Nestor Coffi.
Il a ajouté que les récentes crises alimentaires de 2001, 2005, 2008 et 2010, dues à la sécheresse locale et à la flambée des prix sur le marché international, ont aggravé la vulnérabilité des pauvres à l'insécurité alimentaire. Selon le Représentant résident de la Banque Mondiale, une étude analytique de son institution mandatée par le gouvernement du Niger en 2010 a fait ressortir l'existence d'une multitude de programmes de filets sociaux sous la forme de transfert d'argent et aide alimentaire, de repas scolaires et autres formes de soutien au système scolaire, d'assistance nutritionnelle et sanitaire, de soutien à la vente subventionnée ou à la distribution gratuite de produits alimentaires et de travaux publiques à haute intensité de main d'oeuvre.
« Cependant, la majorité de ces interventions offrent une assistance d'urgence à court terme suite aux crises aiguës, et ont par conséquent un impact limité sur les besoins substantiels des populations et l'insécurité alimentaire chronique. La nécessité d'élaborer un système de filets sociaux intégré, permanent et efficace, s'est donc avérée nécessaire pour satisfaire les besoins des ménages chroniquement pauvres et exposés en permanence à l'insécurité alimentaire. Le projet Filets Sociaux est un élément important du portefeuille de la Banque au Niger en ce sens qu'il fait partie d'une approche visant à répondre à l'insécurité alimentaire en l'attaquant sur trois fronts : l'amélioration de la production agricole à travers des projets tel que le projet d'urgence et de sécurité alimentaire II, qui vise à augmenter la production rizicole dans les régions ayant été affectées par la crise de 2010 ; l'amélioration de la résilience des populations aux chocs et aux variabilités climatiques à travers le projet d'action Communautaire pour la Résilience Climatique; et la mise en place d'un système efficace de filets sociaux pour venir en aide aux populations pauvres et menacées par l'insécurité alimentaire » a indiqué M. Nestor Coffi.
Il a ajouté que dans le cadre de ce projet, les transferts d'argent seront subordonnés à des conditions souples. Selon lui, les bénéficiaires seront tenus de participer à des séances de formation et de sensibilisation visant à améliorer la santé, la nutrition et les pratiques d'assainissement des ménages. « Ce volet sera élaboré en collaboration avec le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF) et mis en œuvre avec le concours des Organisations Non Gouvernementales. Le projet Filets Sociaux entre en vigueur dans un contexte difficile pour le Niger car le gouvernement a sonné l'alarme par rapport à deux situations préoccupantes à savoir les perspectives peu prometteuses de la campagne agricole de cette année, et le retour massif de Nigériens fuyant la Côte d'Ivoire et la Libye. Le nombre de rapatriés selon la CCA est estimé à 228 062 personnes principalement dans les régions de Tahoua et Zinder » a souligné le Représentant résident de la Banque mondiale.
Il a enfin indiqué que la Banque mondiale prévoit une réponse immédiate à travers des instruments déjà actifs tel que le Projet de Développement des Exportations et des Marchés agro-sylvo-pastoraux visant à améliorer la valeur de certains produits agricoles commercialisés ; le Projet d'Urgence et de Sécurité Alimentaire II; le Projet d'Action Communautaire II visant à renforcer la capacité des communautés à élaborer et mettre en œuvre des Programme d'Actions Communautaires ; et le projet Filets Sociaux.
Categorie:
Economie
Date: 20/10/2011